Bilan provisoire
Kamloops, Colombie-Britannique, 22 octobre 2020
Par Mélina
Bon, maintenant que j'ai dit que le vélo pour moi cet automne c'est ter-mi-né et que Philippe a dit que pour lui le vélo cet automne c'est ter-mi-né, on peut finalement faire le bilan de cette première tranche de notre semi-retraite!
Des chiffres, des noms et autres détails, dans un ordre semi-logique, semi-categorisé. Ça ne sera pas aussi intéressant que les envolées littéraires de ma douce moitié, parce que, soyons honnêtes, ce bilan je le fais beaucoup plus pour moi! La moi du futur proche et lointain qui ne se rappelle déjà plus du commencement de ce voyage...
Sans plus attendre : le bilan!
SUR LA ROUTE
Début officiel : 18 juin 2020
Fin temporaire/non-officielle: 14 octobre 2020, puisque Philippe a continué de rouler, seul, jusqu'à cette date, se tapant une petite excursion semi-hivernale dans les montagnes. (Ma fin aura été le 11 octobre. Y'avait déjà de la neige sur les sommets, c'en était assez.) Donc, ça nous fait 120 journées depuis le départ.
Journées sur la route: 98 journées passées en selle, dont 96 avec le vent de face et 2 avec le vent de dos. La première fois, c'était sur la Côte-Nord, entre Godbout et Port-Cartier, et la deuxième en roulant vers Salmon Arm de Kelowna. On a aussi eu droit à 30 minutes de vent de dos juste avant d'arriver à Régina, faisant passer notre vitesse de 14 à 26 km/h en quelques secondes. Un rêve!
Distance totale parcourue: 10 953 km. Que ça. Les premiers 1 000 kilomètres se sont fait attendre longtemps. Puis, les autres sont passés vite. Après 5 000 km, on a presque arrêté de compter. Mais, vous m'auriez dit au Jour 1 que j'allais pédaler 10 953 km, à coup de 100-120 km par jour, et je vous aurais ri au visage. "Moi?! Plus de 10 000 km!?! Ben voyons, faut pas se leurrer, j'ai pas la force mentale pour faire ça!". Je l'ai finalement? C'est une bonne réflexion que j'aurai prochainement...
Dénivelé total: 43 856 mètres de montée...et un tout petit peu plus de descente! C'est pas si mal, tout compte fait. 43,856 km de montée sur 10 953 km ça fait... Philippe!?!!...Oui, donc ça fait un mince 0,4% de pente, un angle de 0,23 degrés. Y'a rien là! Si seulement...
Plus longue journée sur le vélo*: 159,4 km en 9h21 minutes entre Régina et Chaplin, Saskatchewan. Règle générale, on a réalisé qu'après 130 kilomètres sur la route dans une journée, on commençait à avoir moins de plaisir. On a tout de même trouvé le tour de faire 20 journées au delà de cette "limite". Question de circonstances. *Philippe en aura profité pendant ses journées seul pour venir défoncer notre record, pédalant un essouflant 177 km en 9h16 minutes, entre Golden et Blanket Creek Provincial Park.
Plus courte journée sur le vélo: 38 km en 2h10 minutes entre Crawford Bay et Nelson, Colombie-Britannique. On se rendait chez un de nos hôtes et, question de circonstances, on avait fait trop de kilomètres la veille (156 km).
Journée la plus rapide (vitesse moyenne): 22 km/h entre Rosenfeld et Portage-La-Prairie, Manitoba. On n'avait pas le vent particulièrement de dos mais on ne l'avait pas de face non plus! Et comme le dénivelé des Prairies est plutôt plat, nos jambes habituées aux côtes en ont profité!
Journée la plus lente (vitesse moyenne): 12,6 km/h entre Naramata et Kelowna, Colombie-Britannique. Plutôt que de prendre la route asphaltée qui longe le lac Okanagan, on a emprunté le sentier KVR (Kettle Valley Railway). Un sentier de terre battue et/ou gravier et/ou bac de sable, selon les sections. Ça nous a passablement ralentis, mais les points de vue du Myra Canyon en valaient la peine! Sinon, sur l'asphalte, notre journée la plus lente aura été entre La Malbaie et Baie-Sainte-Catherine. Les côtes, ai-je besoin d'en dire plus?
Journée avec le plus de dénivelé : 1 477 mètres de montée entre Christina Lake et une halte routière avant Osooyos, Colombie-Britannique. Ça monte vous me direz! Ça descendait après aussi! Même si c'est notre journée avec la plus grande ascension, les montées étaient progressives, bien plus progressives que les côtes de Charlevoix. Nos deux cols (Eholt- 1000m et Bridesville-1228m) n'ont probablement jamais dépassé le 7-8% de pente tandis que la côte de St-Irénée (319m) frôle le 20% dans certaines sections!
Journée avec le moins de dénivelé : Un maigre 18 mètres de montée! Entre Anola et Winnipeg, Manitoba. C'est à ce moment qu'on a réalisé qu'on était vraiment dans les Prairies!
Top 3 des véhicules les plus polis sur la route :
#1 - Les semis-remorques de Arnold Brothers, qui ralentissent, se tassent dans l'autre voie et nous envoient la main;
#2 - Les semis-remorques de Day & Ross, qui eux aussi font attention de passer bien loin de nous, même dans les situations pas évidentes;
#3 - Les automobiles avec des vélos, du genre de ceux qui se servent pour vrai de leur vélo et ne font pas que les parader sur leur voiture (excluant ceux apparaissant de le top 3 des véhicules les plus dangereux!)
Top 3 des véhicules les plus dangereux sur la route :
#1 - Les semis-remorques de transport de bois conduits par des zozos en camisole avec une cigarette dans le coin de la bouche qui pensent que les "bécyks" c'est pour les pauvres ou les alcooliques sans permis;
#2 - Les véhicules récréatifs style "autobus", conduits par des personnes âgées en "kit" de golf, une fois par année, et qui n'ont aucune idée de l'ampleur du véhicule qu'ils conduisent, débordant ainsi sur l'accotement et sur nous, par défaut;
#3 - Les conducteurs de gros pick-up style F-250 habillés en "Fox Racing" qui, en plus de passer proche de façon tout à fait consciente et délibérée, laissent un nuage noir derrière eux en accélérant de nouveau pour montrer leur dégoût de notre passe-temps.
LE REPOS ET LES REPAS
Nombre de nuits en camping : La tente aura été notre petite maison (pas tellement plus petite que l'autre, vous me direz!), notre petit cocon. On y aura passé 106 de nos 119 nuits, dont 74 nuits dans des campings "gratuits". Halte cycliste, parc municipal, parcs régionaux et provinciaux, terrain de baseball, site de Parcs Canada, halte routière, boisé derrière le Walmart, cour d'école, cour d'église et plein d'autres endroits, parfois géniaux et parfois douteux!! On aura payé UN seul "vrai" camping, celui de Rampart Creek sur le Icefields Parkway entre Jasper et Lake Louise, Alberta (et on aurait pu ne pas payer, il n'y avait aucun membre du personnel sur place de notre arrivée à notre départ...). Sinon, nos dernières nuits du voyage, à Golden, Colombie-Britannique ont été payantes aussi, comme on campait dans la cour d'une auberge de jeunesse.
Nombre de nuits chez des hôtes : Nous avons aussi été gentiment reçus chez des gens, soit notre famille ou nos amis ou encore à travers Couchsurfing/Warmshowers, pour 38 nuits de notre voyage. Parfois en camping dans la cour (parce qu'on préfère cette option), parfois dans un vrai lit. Accueil chaleureux, douche, lavage, repas délicieux, discussions animées, on a connecté moins avec certains et on a créé des amitiés avec d'autres. On prend le temps, ici, de les (vous!) remercier tous!
Gilles à Sept-Îles;
Dany, Sarah et les filles à Cap-Castor;
Charles, Mia et les filles à Cap-aux-Os;
Guy et Marielle à Val-d'Irène (Sébastien et Alys-Ann aussi!);
Conrad et Claudette à Saint-Jean-Port-Joli (Rosalie, Éric et les gars aussi!);
Guillaume, Geneviève et les enfants à Saint-Félicien;
Mathieu et Juanita à Rouyn-Noranda;
Marc à Hearst;
Francesco à Thunder Bay;
Karl et Marla à Winnipeg;
Jackie et Kevin à Rosenfeld;
David à Régina;
Norman et Wendy à Lethbridge;
Shiraz et tous ses amis à Nelson;
Guy, Debbie, Matthew et Simone à Keremeos;
Jordan et les filles à Kelowna;
Fern à Salmon Arm;
Rob à Kamloops;
Barbara et Ian à Tete Jaune Cache.
Meilleur repas: La nourriture étant le "fuel" du cycliste, les repas en viennent donc à avoir une toute autre importance. Ajoutez à ça que Philippe et moi on est déjà des gloutons et c'est facile de croire que manger occupait la plupart de nos pensées à vélo! On a apprécié tous nos repas, mais ceux-ci nous ont marqués plus que les autres : nos pérogies à la sauce rosée des journées de repos, la crème glacée Ben&Jerry's à 1$ à Chibougamau, les bleuets sauvages de Mme Denise, les pâtes locales de Jackie et son gâteau au choco-zucchini (bon à en mourir!) et la sauce à spaghetti de Barb.
Pire repas: Dans les journées de chaleur de l'été, alors qu'on n'avait pas de frigo pour conserver nos restants pour le lunch du lendemain, les sautés de légumes sur riz se sont parfois avérés être peu ragoûtants. Les légumes avaient tendance à "fermenter" et développaient un goût de vinaigre. Le tout, froid. Eurk. Sinon, j'ai eu l'idée d'essayer de faire du poudding au chocolat, en sachet, juste avec de l'eau parce qu'on ne traîne pas de lait en vélo. J'avais beau avoir une rage de sucre, le résultat, pas figé et beaucoup trop concentré, était franchement dégueulasse.
Le repas qui revient le plus souvent : Les fameuses pâtes au pesto en une panoplie de variantes: crème, sauce tomate, champignons, saucisses, etc. Beau, bon et pas cher!
La "collation" qui revient le plus souvent : Les BEIGNES! Philippe et moi on ne mange jamais de beignes à la maison. Jamais. Mais à vélo, avec toutes les calories qu'on dépensait, on s'est définitivement permis des écarts. Beignes ce fût. A toutes heures. Mais jamais plus qu'un paquet par jour!
LA FAUNE
12 moustiques (12 millions oui!)
11 maringouins (11 mille...)
10 frappabords (10... vous comprenez le principe!)
9 bisons
8 chèvres de montagne
7 chevreuils
6 renards
5 orignaux
4 castors
3 ours noir
2 wapitis
Et
1 tortue verrrrteeeee (pas si verte mais bon, pour la chanson! *Pour les non-initiés: https://m.facebook.com/watch/?v=329087941155049&_rdr)
LES ÉMOTICÔNES
Cette section est laissée libre à votre propre interprétation de mes émotions pendant le voyage! Bonne chance, même moi je ne sais pas quoi en tirer comme conclusion!
😀 X 120
😭 X 63
😡 X 12
😱 X 78
😴 X 120
😷 X 2
❄️ X 35
🔥 X 43
PHOTOS
N'espérez pas de paysages à couper le souffle, vous les avez vus dans nos autres entrées de blogue. Ici, c'est mon choix de photos plus terre-à-terre du voyage, montrant un peu l'envers du décor!
Une petite pause dans la canicule des débuts, avant la montée de la côte de Beaupré.
Notre premier 1 000 km et, pour fin de comparaison, quand on a atteint 10 000 km! (On fait semblant, on était même pas contents! Question de circonstances...)
Notre attirail pour combattre les moustiques, maringouins et autres indésirables du Québec et de l'Ontario.
Site de camping peu bucolique à Moyie, derrière le centre communautaire.
Parce que la mémoire est une faculté qui oublie (et que ça me permet de décompresser) je me fais un point d'honneur de tenir le journal du voyage.
Philippe qui cuisine notre souper. C'est lui le chef!
Mais c'est moi qui fais la vaisselle...
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