Et la lumière fut!
Kelowna, Colombie-Britannique, 23 septembre 2020
Ça fait drôle à dire comme ça, mais depuis la dernière fois qu'on a écrit sur le blogue, on a l'impression d'avoir traversé 3 pays complètement différents. D'abord, en repartant de Régina, et ce jusqu'à au moins Lethbridge, en Alberta, on a continué à évoluer dans un froid relatif, avec de la pluie, du vent, de la grêle, bref, on sentait l'hiver approcher à grands pas! Les paysages sur cette section ont continué à être plats, bien sûr (ça s'appelle les Prairies, après tout!), mais c'était plus "ondulant" comme terrain, probablement moins fertile, donc on y a vu davantage de pâturages que de champs cultivés.
À partir de Lethbridge, le terrain s'est mis à onduler pour de vrai, et rendu à Fort McLeod, on a aperçu le mur au loin: les montagnes Rocheuses.
Tel un nouveau pays donc, les Rocheuses sont arrivées comme un baume sur notre moral. Parce que les Prairies, ce n'est pas désagréable, même que j'ai trouvé ça beau et très différent de chez nous. Mais disons qu'après les quelques 1500 km séparant notre entrée dans la plaine, dans le coin d'Elma, au Manitoba, et Fort McLeod, on a eu un peu le temps de se tanner des champs, des lignes droites interminables et des vents de face. Surtout des vents de face en fait. Parce que des montagnes, ça bloque le vent, non? C'est ce qu'on s'est dit. Vive les montagnes!
Les Rocheuses sont donc arrivées, et, curieusement, le beau temps aussi. Comme un deuxième été. Et les côtes, qu'on...euh...que Mélina craignait depuis si longtemps, sont apparues beaucoup moins abruptes qu'anticipé. Car voyez-vous, contrairement au Québec, où les degrés de pente atteignent souvent 10 à 15%, ici, ils ont fait ça plus "doux", plus graduel, alors quand ça atteint 7% de pente, c'est considéré comme une pente raide! Donc ça monte longtemps, mais doucement. Tout le contraire de Charlevoix.
On a franchi la première section des Rocheuses par le sud, via Fernie (petite ville jolie, un brin huppée, très "plein air", avec un gros Resort de ski / vélo de montagne). Puis Cranbrook, ville plus vraie, moins touristique. Mais peu importe où on se trouvait, les paysages étaient magnifiques. Et ce qui nous a plu, c'est de voir de nouveau des rivières propres, de l'eau limpide, où on pouvait avoir envie de faire une petite baignade en fin de journée (et potentiellement puiser notre eau potable). Ça faisait changement des cours d'eau à moitié asséchés, aux eaux brunes et répugnantes de la Saskatchewan et du Manitoba. On a bien beau avoir un filtre pour traiter notre eau, il y a des limites à ce qu'on peut accepter d'ingurgiter!
Après 2 jours de montagnes et 3 cols franchis, en arrivant à Creston, on a pénétré dans un tout nouveau pays: celui des vallées fruitières. Là, il fait chaud, et il y a des vergers et des vignobles partout! On a longé le lac Kootenay, puis traversé à Nelson, où on a passé 3 jours chez Shiraz, un médecin d'une légendaire hospitalité. Il avait même un pêcher (avec des pêches mûres dedans...) dans sa cour! On s'est régalé, puis on a repris la route, et 2 cols de montages plus loin, on est arrivé à Osoyoos, ville la plus chaude au Canada et porte d'entrée de la vallée de l'Okanagan. Vallée de l'Okanagan, saison des récoltes, autant vous dire, il y avait des fruits partout! Des pommes, surtout, mais aussi des poires, des ananas, des biscuits, des biscuits, des biscuits sodaaaa! Non...ça, c'est dans la chanson. Donc, des pommes, des poires, et beaucoup de vignobles. C'est difficile de rouler ici, avec à gauche et à droite des milliers de fruits mûrs, mais pas à nous.... j'imagine bien comment Adam et Ève devaient se sentir!
On a viraillé un peu dans la vallée, faisant un croche vers Keremeos, puis Penticton : vraiment une belle place! Ensuite, on a longé le lac Okanagan vers Naramata, où les paysages de vignobles se jetant dans le lac sont...comment dire..."instagrammables", comme diraient les jeunes!
Et on a finalement abouti ici, à Kelowna, où on relaxe depuis 2 jours (on campe littéralement dans un verger, mais j'ai encore une fois évité d'y voler des pommes, de peur de déplaire au p'tit Jésus et de finir en enfer).
Tout ça pour dire qu'il y a 5 ou 6 jours, quelque part entre Nelson et Christina Lake, en bas d'une looooongue descente exaltante, Mélina et moi on s'est regardés et on s'est dit: le Québec, c'est beau, mais la Colombie-Britannique, c'est dur à battre. Tellement de variété dans les paysages, un climat très clément (spécialement dans les vallées), des fruits à faire rêver, et des montagnes pour agrémenter le paysage et offrir plein de possibilités d'activités.
Le petit bémol, c'est qu'il semble y avoir beaucoup d'inégalités dans la région. D'une part, les maisons multi-millionnaires, les vignobles, et tous ces endroits qui semblent tout droit sortis d'un magazine. Mais juste à côté, des loyers beaucoup trop chers pour monsieur-madame tout le monde (facilement 2 fois les prix de Montréal, même dans les petites villes), et conséquemment beaucoup de gens qui vivent dans la rue, beaucoup de problèmes de consommation, etc. Il n'y a pas de Régie du logement ici, alors c'est le free-for-all, les riches deviennent plus riches, les pauvres plus pauvres. Comme dirait ce créatif M. Legault: "ils ont juste à créer des jobs à 30$ de l'heure, ça va tout régler". Non, justement...ça fait belle lurette que le salaire minimum avoisine les 15$ de l'heure ici, et pourtant les gens qui le gagnent sont pauvres. On monte les salaires, l'inflation grimpe, tout coûte plus cher, et on revient au point de départ. Échec. J'imagine que des jobs à 30$ de l'heure, où des augmentations de salaire à droite et à gauche sous prétexte de COVID, ça risque d'avoir le même genre d'impact. Mais si vous voulez voter pour M. Legault, j'imagine que c'est votre droit!
Trève de morale....la seule chose dont j'ai oublié de parler, c'est que la Colombie-Britannique, c'est bien beau, mais pendant une semaine, on n'y a vu que du feu...ou plutôt de la fumée! Les feux de forêt aux États-Unis, vous avez vu ça aux nouvelles? Eh bien nous ici, on a reçu la boucane, tel de braves campagnards qui campent sur le site voisin de celui d'un Moooouréalais en train d'allumer un feu de camp. L'enfer, que j'vous dis. Mais sérieusement, pendant une semaine, surtout dans le coin de Nelson, on roulait chaque jour dans un épais brouillard de fumée. Heureusement, ça s'est dissipé depuis quelques jours, et on voit maintenant les paysages! C'est un peu comme si on venait d'allumer la lumière, je suppose.
Demain, on repart sur nos montures, vers le nord, Salmon arm d'abord, puis Kamloops, et puis ensuite on verra. C'est beau la vie quand ce n'est pas trop prévu, non? Mélina me regarde avec des gros yeux...
Bon, d'ici la prochaine fois, voici quelques photos des 3 dernières semaines. Et vous pouvez toujours voir notre trajet au lien suivant : becykapedales.travelmap.net .
Paysage de montagnes....dans un brouillard de fumée!
Mine de sulfate de sodium, Chaplin, Saskatchewan
Un autre silo à grains, quelque part en Saskatchewan...
Kilomètre 8000! Près de Medicine Hat, dans l'est de l'Alberta
Ruches multicolores, ouest de l'Alberta
Ouest de l'Alberta
Champs de citrouilles, Alberta
Apparition des Rocheuses, près de Fort McLeod
Début des Rocheuses
Col de Crowsnest, entre l'Alberta et la Colombie-Britannique
Col de Crowsnest, entre l'Alberta et la Colombie-Britannique
Lac Moyie, Colombie-Britannique
On peut évaluer le degré de"redneck-isme" d'une région à la quantité de trous de balles de fusil qu'on retrouve sur les panneaux de signalisation (j'ai habité dans Bellechasse-Etchemins, j'en sais quelque chose...). Constat? La Colombie-Britannique, sous des apparences progressistes, regorge de rednecks!
Mélina, désespérée de ne pas voir le paysage en raison de la fumée, sur le ferry de Kootenay Lake
Parc provincial Kokanee Glacier, près de Nelson, Colombie-Britannique
Paysage enfumé, parc provincial Kokanee Glacier
Christina Lake, au sud de Nelson...paysage toujours enfumé!
Keremeos : premier ciel dégagé de la Colombie-Britannique!
Vignoble près de Naramata
Vignoble (s) près de Naramata!
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